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Aperçu historique

 

Depuis l’antiquité, même si la psychothérapie n’existe pas en tant que telle, les soins se sont souvent préoccupés de la santé physique mais aussi psychique des patients. Mais au moyen âge, en occident, on se méfie de l’influence inter-humaine (dont seule les hommes d’église devraient être dépositaires), et de l’imagination (qui peut mener l’esprit à l’hérésie). Quant à la «transe» elle est toujours interprêtée comme une possession démoniaque.

Il faudra attendre Mesmer le magnétiseur et son baquet pour que le phénomène intrigue et suscite une commission (dont font partie Lavoisier, Jussieur, Franklin, Bailly, Guillotin...) qui concluera que le magnétisme animal n’existe pas et que les guérisons sont dues à l’imagination. Cette notion d’imagination, rejetée aussi bien par le pouvoir que par les philosophes des lumières, fera interdire le Mesmerisme et son inventeur s’exile, mourant oublié de tous. Cependant, c’est la première fois que, de façon reconnue par les autorités, l’imagination possède un pouvoir de guérison...

Ses élèves cependant, De Faria, Puységur entre autres, continuent à pratiquer cette «médecine d’imagination», qui produit un état de conscience particulier (successivement appelé «sommeil lucide», «somnambulisme provoqué»...) et qui produit surtout des guérisons qui ont pour origine une entrée en relation particulière avec un Homme souffrant.

C’est James Braid, chirurgien anglais qui créera le vocable «Hypnotisme», technique à laquelle il donne une description physiologique et qui lui rappelle un état proche du sommeil (d’où la racine «hypnos»), pendant lequel il peut réduire la douleur des patients opérés.

Ces technique intéressent Azam et Broca qui les importent en France. Il ne faudra pas longtemps pour que cela intéresse aussi les neurologues et les psychiatres.

Une importante controverse aura lieu entre Charcot et son «école de Paris» (qui pense que l’hypnose est un état pathologique, pathognomonique de l’hystérie) et Bernheim, Liebault et leur «école de Nancy» (qui pense que l’hypnose est physiologique et qu’elle est une technique de soin par la suggestion). L’histoire donnera plutôt raison à Bernheim (inventeur par ailleurs du mot psychothérapie).

Mais Freud, qui a connu Bernheim et Charcot et en tente une sorte de synthèse, finira par abandonner l’hypnose et la suggestion au profit de la théorie analytique. Il cherchera avant tout à comprendre les processus psychopathologiques au prisme de sa théorie, la guérison venant «de surcroit».

Cette façon de penser aura un succès important dans la première moitié du 20è siècle et fera tomber l’hypnose dans les oubliettes de la thérapie, elle ne sera alors plus pratiquée que par les chercheurs des laboratoires de psychologie américains qui l’utilisent pour explorer les états de conscience et la dissociation.

 

L’hypnose ericksonienne

 

C’est dans ce contexte que le jeune erickson découvre à son tour l’hypnose. Elève d’un célèbre chercheur américain il s’en détourne rapidement. Il fuit la tentation des chercheurs de faire de l’hypnose une méthode d’exploration de la conscience et de la communication car il y voit un potentiel thérapeutique; et surtout il rejette l’idée d’une «induction universelle», car il pense que le thérapeute doit s’adapter à l’individu qu’il a en face de lui.

Avec lui, l’hypnose cesse d’être autoritaire et devient permissive, il pense qu’il faut «parler le langage du patient» et «observer, observer, observer» pour s’adapter sans cesse et permettre au patient de trouver les ressources qu’il possède. C’est à la fois un technicien hors pair et un artisan de la relation. Son nom devient célèbre à partir de la publication du livre «Uncommon Therapy» de Jay Haley et son enseignement influencera toute une génération de thérapeutes.

Pour Erickson, l’inconscient n’est ni un réservoir à pulsion refoulées, ni un programme complexe à reprogrammer, mais une partie saine et bienveillante, sorte de boite à trésors pleine de ressources oubliées et de capacités d’apprentissage, qui sont rendues temporairement inaccessibles par le problème et que l’hypnose «réveille». Pour Erickson «vous savez toujours plus que vous savez que vous savez».

 

Les Thérapies Brèves

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, des thérapies dites «brèves» feront leur apparition. De l’anglais brief (= «to the point»), elles ont une durée plus limitée et se fixent des objectifs. Certaines se positionnent en droite ligne de la psychanalyse (Psychothérapies d’Inspiration Psychanalytiques), d’autres dans son opposition (Thérapies Cognitives et Comportementales), d’autres encore explorent de nouvelles pistes théoriques (Analyse Transactionnelle, Gestalt-Thérapie, etc.). Ces courants s’appuient sur des théories psychopathologiques.

Parallèlement, un autre courant est plus pragmatique. Il ne cherche pas de théorie psychopathologique pour éviter que la thérapie ne soit une vérification de la théorie. Ces praticiens se demande plutôt quelles sont les interventions thérapeutiques qui fonctionnent, que font les thérapeutes qui marchent, comment communiquer efficacement, comment provoquer un changement. (Qu’est ce qui est UTHyL?… ;-) )

Un rapprochement s’opèrera entre l’école de Palo Alto et Erickson par le biais de chercheurs: Haley (qui écrira plus tard le best-seller «Un thérapeute hors du commun»), Weakland, et bien sur Watzlawick et Bateson.

L’hypnose et les thérapies brèves qui découlent de ces courants de pensées développeront des recherches et des pratiques basées entre autres sur les quelques idées suivantes:

L’esprit et le corps ne sont pas séparés, les difficultés psychiques s’expriment souvent de façons physiques (comme les «boules d’angoisse») et inversement.

L’inconscient Ericksonien n’est pas une partie de nous même dangereuse ou malveillante ou pleine de pulsions refoulées, mais au contraire une «boite à trésors», pleines de ressources et de solutions plus ou moins cachées ou oubliées et de capacités d’apprentissages.

Il est plus intéressant et efficient de se centrer sur les solutions plutôt que de chercher des causes.

La causalité n’est d’ailleurs pas linéaire (cause>conséquence) mais circulaire (la façon dont vous ressentez votre histoire maintenant, change avec le temps et influe sur ce que vous êtes, mais comme vous êtes sans cesse différents, c’est que votre passé l’est aussi...).

La recherche de causes dans une causalité linéaire est condamnante et paralysante, la recherche de causes dans une causalité circulaire étant bien sur inutile et ne menant pas à un changement.

L’importance des récits et des conversations, la réalité n’étant pas seulement ce qui nous arrive mais ce que nous en racontons et ce que nous en faisons.

Ainsi le langage des problèmes n’est pas le langage des solutions et le langage doit être celui du patient et de ses solutions. Le thérapeute est un expert de la communication et de sa technique mais le patient est un expert de sa propre vie. Le thérapeute ne peut lui imposer sa définition de la réussie d’une thérapie, les objectifs doivent être définis en accord avec le patient.

L’importance des aspects relationnels, car il est illusoire de prétendre observer et/ou traiter ‘l’Homme seul». Nous sommes le fruit des relations aux autres et nous sommes des êtres toujours relationnels, la fonction d’un symptôme et la mise en route de solutions ne peut se faire sans en tenir compte.

 

Ainsi sont nées les thérapies systémiques brèves et familiales, les thérapies orientées vers la solution, stratégiques, narratives, provocatrices, paradoxales, etc.

 

C’est ce courant «pragmatique» qui est plus fréquemment désigné quand on parle de «thérapies brèves», c’est de ce genre de thérapies dont il s’agit dans le cadre de l’institut UTHyL.

 

La base de ces thérapies est la qualité de la relation au patient et la base de la relation est une communication efficace. Nous estimons que l’hypnose est le meilleur outil pour l’apprentissage de la communication efficace. L’étude de l’hypnose est donc un préalable à l’étude des thérapies brèves, c’est pour cela qu’une première année hypnose est nécessaire avant l’abord des thérapies brèves.

 

Une autre idée d’actualité germe de plus en plus dans les esprits curieux: celle de l’intégration. Conscients que le corps doit reprendre sa place, que seule la communication efficace (pour laquelle l’hypnose fournit les meilleurs outils) est une dimension fondamentale du processus thérapeutique, que l’orientation vers les ressources du client plutôt que ses problèmes est à même d’ouvrir des possibles, et prenant conscience que les thérapies brèves ont développé chacune à leur façon une partie des outils qu’utilisait Erickson, il nous semble cohérent d’envisager une «hypnose intégrative», qui intégrerait les «postures» des différentes thérapies brèves dans le cadre interactionnel de l’hypnose.

 

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