Les ancrages d’été…

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Les ancrages d’été…

ÉTÉ

On n’a pas pu le louper car il nous a amené une chaleur sans précédent: l’été.

Voici le mois d’août, celui ou beaucoup prennent leurs vacances et où l’institut fait sa pause estivale !

Parfois la période des bilans, pour ceux qui comptent les années en année scolaire! Celui d’uthyl est assez positif: 3 années de formations en cours, deux promotions qui se sont terminées (la promotion Watzlawick à l’institut et la promotion Dumont&Sizaret au CPN) et de nouveaux stages: prise en charge de la crise suicidaire pour les praticiens, et autohypnose pour le grand public, qui se sont déroulés à merveille.

Parfois la période des projets: là aussi ils sont nombreux ! et ce site sera un des lieux où l’on en parlera.

Souvent la période de pause…

C’est l’occasion de parler de cette notion assez utile en hypnose: l’ancrage.

ANCRAGE

Basiquement il s’agit d’utiliser des fonctions de l’esprit qui se manifestent au quotidien et qu’on appelle ordinairement les associations d’idées ou les aide-mémoire. Les anglo-saxons parlent parfois de « triggers » des « gâchettes », petits éléments qui activent tout un mécanisme.

Vous sentez une odeur et un souvenir avec un ancien amour revient avec force détails. La couleur du coucher du soleil vous rappelle vos dernières vacances. Vous ressentez une sensation et êtes immédiatement ramené à un souvenir.

Bien entendu cela existe aussi pour des souvenirs teintés négativement…

Vous l’avez remarqué, le phénomène est inconscient, il s’ancre et se rappelle en dehors de notre volonté consciente, automatiquement.

Un des intérêts de l’hypnose est de pouvoir accéder et moduler des apprentissages non conscients. En défaisant certains quand ils semblent nuisibles ou hors de propos, mais aussi en en créant d’autres, plus utiles.

Classiquement on peut ancrer un état de transe hypnotique: quand on fera telle séquence ou prononcera tel mot, il sera facile de retrouver cet état d’hypnose particulier.

Thérapeutiquement on ancrera souvent une ressource, une compétence, une capacité. Cette stratégie résumée ci-dessous sera familière à tous ceux qui ont des bases d’hypnose ou d’autohypnose puisqu’elle en est une des bases les plus basiques (certains verront ici un saupoudrage…).

Disons que j’ai besoin d’une ressource qui m’est devenue inaccessible.
En vivant à nouveau en hypnose un moment, un souvenir ou elle se trouve (il ne s’agit pas d’y penser, mais de le vivre hypnotiquement, c’est à dire avec une certaine intensité sensorielle, de façon bien plus « réelle » que la simple évocation ou imagination), je laisserai mon corps ressentir qu’il est capable d’éprouver, de vivre, d’agir cette compétence. Je saurai, expérientiellement et pas juste théoriquement que c’est possible et accessible. Parfois il faut insister pour trouver un souvenir de ressource, parfois il faut insister pour retrouver des détails sensoriels (que voyais-je, ressentais-je entendais-je à ce moment là?). Car notre esprit, naturellement dirigé vers la survie, retient sans trop d’effort les épreuves et difficultés mais laisse parfois passer des éléments précieux…il « n’a pas fait assez attention » et le travail hypnotique est là pour amener l’attention à un endroit plus profitable…

En demandant à notre corps d’associer cette ressource retrouvée à une simple sensation, une couleur, un son, il sera plus simple, une fois revenu « dans la vraie vie », de réévoquer cette compétence au moment venu, de la reconnaître quand elle se présente, de faire du lien avec de nouvelles expériences de réussites et de tisser petit à petit les contours d’une histoire qui nous ressemble un peu plus et semble sonner comme la nôtre.

CONSTITUER DES ANCRAGES D’ÉTÉ

Quel est le lien avec les vacances d’été?

Eh bien celles-ci me semblent un bon moment pour nous constituer des ancrages… Car que se passerait-il si nous décidions d’amener notre attention à retenir mieux ou plus régulièrement les moments qui amènent de la ressource? Si le travail d’attention était amorcé au moment même (ou dans le décours immédiat) d’un vécu porteur de sens ou de ressources?

Au fond il s’agit de poser les jalons, les repères de ce qui sera des souvenirs d’expériences de ressources qui nous conviennent et nous ressemblent.

Pour que ça fonctionne il faut que ce soit un expérience plus qu’une idée, que ce soit sensoriel (ce que je vois, entend, ressens dans mon corps). Le mieux est aussi  que ce soit simple et que cela vous « parle », que cela soit précieux pour vous. Non pas un fade « sel de la vie » dont les réseaux sociaux vous diraient qu’il « faut » s’en réjouir et le vivre en conscience ! Mais plutôt un élément simple qui a un sens précieux pour vous.

Et puis il faut y prêter attention. Prendre une image mentale de ce moment.

Tenez, êtes vous déjà allé dans un endroit exceptionnellement beau? Ou assisté à un spectacle, naturel ou humain, vous paraissant incroyable? L’on se dit alors « aucune des photos que je prends avec mon appareil ne rendra ce que je suis en train de voir/de vivre, il faut que je prenne une « photo avec mon esprit » pour ne pas oublier… » On amène notre attention et notre sensorialité avec plus d’intensité sur le moment…

Expérientiel / Sensoriel / Simple / Qui nous parle, nous semble précieux / Provoque un sentiment (même simple) de réussite ou de gratitude/Prendre une « photo » mentale

Voici donc un petit exercice pour l’été: quand un moment agréable et simple survient, au lieu de le laisser passer, prêtez-y attention un peu comme s’il était digne qu’on en prenne une photo/un film mental pour le garder. Le soir même, fermez les yeux et repensez-y, juste en amenant le maximum de détails sensoriels (formes et couleurs, textures ombres et lumières, sensations et émotions, sons, voix, calmes, rires, silences ou musiques…).

Et mieux encore, recherchez ces moments, orientez votre esprit pour les repérer, soyez Sherlock Holmes, sur le coup, ou a la fin de votre journée ou même le lendemain matin, trouvez les au coin d’une rue, au bord d’une plage, dans le rire d’un enfant, le bruit d’une vague ou le sourire d’un boulanger. Trouvez-les même si vous restez en ville, dans le calme relatif des rues désertées, dans l’eau dont on s’arrose le visage ou le courant d’air qui vient rafraichir furtivement notre atmosphère, dans l’ivresse du verre de plus que d’habitude. Dans la vision de Mars dans le ciel, un peu plus proche de nous depuis quelques jours, dans le paysage inconnu à la fin d’une randonnée, ou dans la surprise au bord d’un paysage bien connu, à la fin d’un trajet familier, dans le roman, le magazine de l’été, dans les traces de bronzage et les photos que l’on montre à son retour, de visages temporairement reposés, dans les échecs et les ratés aussi, qui nous feront apprendre, mais surtout dans tout ce qui les rend un peu moins insupportables, dans les insomnies, les grasses matinées, les siestes et les pas-dormi-assez, les cafés sur les terrasses mais surtout les boissons fraîches qui semblent, un instant, nous raviver, les résolutions de la rentrée qu’on ne tiendra pas, l’excitation de la rentrée des classes des enfants et celle qui a laissé chez nous une durable trace et revient (un tout petit peu) chaque année, cherchez, trouvez, notez, gardez, ravivez, ancrez ces moments. Ils vous serviront.

UN ANCRAGE PERSONNEL

La photo ci-dessous a été prise sur les rives du fleuve Acarouany en Guyane, lors d’une excursion que j’ai faite le lendemain d’une formation sur place. Deux enfants Hmongs jouent, ils se taquinent, s’arrosent et rient. En face d nous la forêt Amazonienne, « LA » forêt, le poumon vert, des endroits pour certains primaires, intouchés, que l’on va aller visiter, pleins de respect, cette émotion renouvelée de se retrouver là, devant cette nature impressionnante. Les pirogues au bord du fleuve qui vont nous y emmener…

Et puis là, je regarde ces enfants dont je ne sais rien du mode de vie, dont la langue, la culture me sont tellement étrangers, qui vivent dans une proximité avec le fleuve et la forêt dont je n’ai pas idée. Et pourtant cette familiarité, cette universalité qui fait que je comprends leurs jeux et taquineries, leurs rires, et qu’un peu plus tard je jouerai avec eux et nous rirons, nous comprenant sans pour autant avoir besoin de parler la même langue. J’entends encore l’eau qui éclabousse. Ancrage.

Et je vois encore le fleuve et la forêt, je sens le vent sur mon visage quand la pirogue avance, la température de l’eau, l’émotion d’être à un endroit si loin et si proche, si beau, connecté avec la planète et avec des humains qui la peuplent.

Je sais (et mon inconscient le sait encore mieux) de quelle manière ce moment ressource m’est utile.

L’institut prend quelques congés, mais un petit jeu concours pendant le mois d’août sur la page Facebook

Profitez bien et à bientôt !

Philippe Aïm

 

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