Hommage à François Roustang

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Hommage à François Roustang

François Roustang était un immense thérapeute.

Après une vie faite de rebondissements et de surprises (prêtre jésuite, puis analyste lacanien…) il devint hypnothérapeute et un véritable « maître » en la matière. C’est un des plus grand penseur de l’hypnose, que nous avons perdu en 2016, à l’âge de 93 ans. Ses livres de sa période analytique sont déjà iconoclastes et passionnants, mais il est surtout célèbre pour ses réflexions sur l’hypnose et la relation, qu’il nous laissera dans quatre livres : « Qu’est-ce que l’hypnose? » / « Il suffit d’un geste » / « La fin de la plainte » / « Savoir attendre pur que la vie change » (ces trois derniers ont été rassemblés dans un seul tome: « Jamais contre, d’abord. La présence d’un corps. » ed. Odile Jacob.)

J’ai eu le privilège de l’avoir comme formateur et de l’avoir vu travailler. J’ai lu ses livres avec intérêt, surprise et un grand sentiment de liberté.

Sa vision de l’hypnose comme cette qualité de présence fût importante pour beaucoup de mes collègues. Je lui dois ma première expérience d’hypnose et d’être « tombé dans la marmite » en l’entendant en parler, en l’entendant nous la faire parler, moi qui était si sceptique…

Je me rappelle de ce premier cours avec lui comme d’un sacré « coup de pied dans la fourmilière de mon ignorance ».

J’avais pris quelques notes que je partage avec vous :

« Nous sommes imprégnés de la sensation qu’on ne sait pas explicitement: c’est cela l’inconscient.
L’état hypnotique nous met en présence de la multitude des impressions, sensations, qui nous situent dans l’existence. Il s’agit de mettre entre parenthèse notre pensée, se laisser revenir a cette multitude de perceptions. Quand on pense, refléchit, on arrête ce mouvement.

«Faire l’expérience de la fluidité de l’existence»
Faire un geste et être dans le geste, être le geste, être là. La pathologie c’est de ne pas être là et d’être immobile.
(…)
L’hypnose est un mauvais mot, il faut parler de l’expérience, pas du mot. On a vraiment compris quelque chose quand on utilise plus le mot le plus favorable.
(…)
L’induction la plus profonde est simplement de dire « oui ». On est en hypnose quand on est là.
Prendre acte de ce que l’autre dit. Prendre les choses comme elles sont est souvent la principale difficulté dans la relation.
(…)
La meilleure induction est « Mettez vous là ou vous êtes! ».
Si quelqu’un me reconnaît là ou je suis, ma vie est transformée ! Ca ne « révèle » rien puisque ça laisse dans la réalité. Savoir écouter, et s’éloigner des implications personnelles. L’état hypnotique c’est être là ou l’on est à l’instant T, avec l’autre.

(…)Concernant la relation :
premièrement, il ne faut s’étonner de rien,
et deuxièmement…il n’y a pas de deuxièmement… »

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